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Book Review: The Case Against Adolescence by Doug French
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Opener -- Vladeck 28 (1): 287 -- QUICK SEARCH: Author: Keyword(s): Year: Vol: Page: , 28, no. 1 (2009): 287-288 doi: 10.1377/hlthaff.28.1.287 2009 by New Online This Article Services Google Scholar PubMed Book Reviews BOOK REVIEWS Assume A Can Opener

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Portraits litteraires, Tome I written by C. A. Sainte Beuve

C >> C. A. Sainte Beuve >> Portraits litteraires, Tome I

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[Note 197: Colletet avait ete l'un des cinq auteurs qui formaient le
conseil litteraire de Richelieu; et, grace aux largesses du cardinal, il
avait pu acheter dans le faubourg Saint-Marceau, tout a cote de l'ancien
logement de Baif, une maison que Ronsard avait autrefois habitee;
circonstances glorieuses qu'il ne se lassait pas de rememorer. Il y
eut un moment ou les deux Colletet pere et fils, et la belle-mere de
celui-ci, la _belle-maman_, comme il disait, se faisaient a qui mieux
mieux en madrigaux les honneurs du Parnasse: ce qui devait preter assez
matiere aux rieurs du temps (_Memoires de Critique et de Litterature_,
par d'Artigny, tome VI).]

[Note 198: Il faut avouer pourtant que le nom de Ronsard, pour le peu
qu'il se trouve chez La Fontaine, n'y figure guere autrement ni mieux
que chez les autres contemporains; dans une lettre de lui a Racine
(1686), on lit: _Ronsard est dur, sans gout, sans choix_, etc.; et
il lui oppose Racan, si elegant et agreable malgre son ignorance. La
Fontaine, qui se laissait dire beaucoup de choses aisement, avait
pour lors adopte sur Ronsard l'opinion courante, et un peu oublie ce
qu'autrefois le vieux Colletet lui avait du en raconter.]

Nous n'avons pas l'intention de suivre plus longtemps la vie de notre
poete. Qu'il nous suffise d'avoir rappele que, durant les vingt ans
ecoules depuis l'aventure de l'ode jusqu'a la publication de _Joconde_
(1662), il ne cessa de cultiver son art; qu'il composa, dans le genre et
sur le ton a la mode, un grand nombre de vers dont tres-peu nous sont
restes, et que s'il y porta depuis 1664, c'est-a-dire depuis les debuts
de Boileau et de Racine, plus de gout, de correction, de maturite, et
parut adopter comme une seconde maniere, il garda toujours assez de la
premiere pour qu'on reconnut en lui le commensal du vieux Colletet, le
disciple de Voiture, et l'ami de Saint-Evremond. Ce n'est pas seulement
a la physionomie de son style qu'on s'en apercoit: le choix peu
scrupuleux de ses sujets, et, encore plus, le dereglement absolu de sa
vie, se ressentaient des habitudes de la _bonne_ Regence; le favori de
Fouquet avait longtemps vecu au milieu des scandales de Saint-Mande; il
les avait celebres, partages, et etait reste fidele aux moeurs autant
qu'a la memoire d'_Oronte_. Louis XIV du moins, meme avant sa reforme,
voulait qu'on mit dans le desordre plus de mesure et de _decorum_. Ces
circonstances reunies nous semblent propres a expliquer la defaveur de
La Fontaine a la cour, et l'injustice dont on accuse l'auteur de l'_Art
poetique_ de s'etre rendu coupable envers lui.

A ne les considerer que sous le cote litteraire, il est permis de
soupconner que Boileau et La Fontaine n'avaient peut-etre pas tout
ce qu'il fallait pour s'apprecier completement l'un l'autre; ils
representaient, en quelque sorte, deux systemes differents, sinon
opposes, de langue et de poesie. Un long parallele entre eux serait
superflu. On connait assez les principes et les preceptes de notre
legislateur litteraire. Son ami, trop humble pour se croire son rival,
en continuant de cheminer dans les voies tracees, se contentait d'etre
le dernier et le plus parfait de nos vieux poetes. C'etait, il est vrai,
un vieux poete unique en son genre, et par mille endroits ne ressemblant
a nul autre, ni a _maitre Vincent_, ni a _maitre Clement_, ni a _maitre
Francois_; un vieux poete, adorateur de Platon, _fou de Machiavel_,
_entete de Boccace_, qui cherissait Homere et l'Arioste, oubliait de
diner pour Tite-Live, goutait Terence en profitant de Tabarin, qu'une
ode de Malherbe transportait presque a l'egal de _Peau d'Ane_, et dont
l'admiration vive et mobile, comme celle d'un enfant, embrassait
toutes les beautes, s'ouvrait a toutes les impressions, en recevait
indifferemment du _nord_ ou du _midi_, et trouvait place meme pour
le prophete Baruch, quand Baruch il y avait[199]. De tant de richesses
amassees au jour le jour, sans efforts et sans dessein, deposees et
fondues ensemble dans le naturel le plus heureux du monde, s'etait forme
avec l'age cet inimitable style, a la fois trop complexe et trop simple
pour etre defini, et qu'on caracterise en l'appelant celui de La
Fontaine. Que Boileau n'ait pas rougi d'avancer (comme Monchesnay et
Louis Racine l'assurent) que ce style n'appartient pas en propre a La
Fontaine, et n'est qu'un emprunt de Marot et de Rabelais, nous repugnons
a le croire; ou, s'il l'a dit en un instant d'humeur, il ne le pensait
pas. Sa dissertation sur _Joconde_, et vingt passages formels ou il rend
a son confrere un eclatant hommage, l'attesteraient au besoin. Il est
pourtant vraisemblable que le censeur austere qui se repentait d'avoir
loue Voiture, qui sentait peu Quinault, et appelait Saint-Evremond un
_charlatan de ruelles_, ne coulait pas toujours avec assez d'indulgence
sur la fadeur galante, la morale _lubrique_, les restes de faux gout et
les negligences nombreuses du charmant poete[200]. Mais ce ne serait
pas assez pour motiver l'omission du nom de La Fontaine dans _l'Art
poetique_, si l'on ne songeait que, par son attachement pour Fouquet,
et principalement par la publication de ses contes, le bonhomme avait
provoque le mecontentement du monarque, si severe en fait de convenance,
et qu'il eut sa part de cette rancune glaciale et durable dont les
Saint-Evremond et les Bussy, beaux-esprits espiegles et libertins,
furent egalement victimes. Boileau sans doute eut tort de sacrifier,
je ne dis pas l'amitie, mais l'equite, a la peur de deplaire; du moins
aucune pensee de jalousie n'entra dans sa faiblesse. S'il parut se
glisser ensuite entre les deux grands ecrivains un refroidissement qui
augmenta avec les annees, la faute n'en fut pas a lui tout entiere.
Lui-meme il deplorait sincerement, dans l'homme illustre et bon, les
penchants, desormais sans excuse, qui l'arrachaient de plus en plus
au commerce des honnetes gens de son age. Ainsi s'etaient tristement
evanouies ces brillantes et douces reunions de la rue du Vieux-Colombier
et de la maison d'Auteuil. Moliere et Racine avaient de bonne heure
cesse de se voir; Chapelle, adonne a des gouts crapuleux, etait perdu
pour ses amis, et La Fontaine aussi les affligeait par de longs
desordres qui souillerent a la fois son genie et sa vieillesse.

[Note 199: La Fontaine ayant appris que le savant Huet desirait voir
la traduction italienne des _Institutions_ de Quintilien par Toscanella,
qu'il possedait, s'empressa de la lui offrir en y joignant cette Epitre
naive en l'honneur des anciens et de Quintilien: ce qui prouvait, dit
Huet, la candeur du poete, lequel, en se declarant pour les anciens
contre les modernes dont il etait l'un des plus agreables auteurs,
plaidait contre sa propre cause. On lit cela dans le _Commentaire_ latin
de Huet sur lui-meme, qui renferme de curieux jugements peu connus sur
Boileau, Corneille et autres: on s'en tient d'ordinaire au _Huetiana_,
qui n'est pas la meme chose.]

[Note 200: Dans une lettre a Charles Perrault (1701), Boileau, voulant
montrer qu'on n'a point envie la gloire aux poetes modernes dans ce
siecle, dit: "Avec quels battements de mains n'y a-t-on point recu les
ouvrages de Voiture, de Sarasin et de La Fontaine! etc." On le voit,
pour lui La Fontaine etait de cette famille un peu anterieure au pur et
grand gout de Louis XIV.]

Comme poete, il fut, avons-nous dit, le dernier de son ecole, et n'eut,
a proprement parler, ni disciples, ni imitateurs. N'oublions point,
toutefois, que bien des rapports d'inclinations et meme de talent le
liaient a Chapelle et a Chaulieu; que, jusqu'au temps de sa conversion,
il venait frequemment deviser et boire sous les marronniers du Temple, a
la meme table ou s'assirent plus tard Jean-Baptiste Rousseau et le jeune
Voltaire; et que ce dernier surtout, vif, brillant, frivole, puisa au
sein de cette societe joyeuse, ou circulait l'esprit des deux Regences,
certaines habitudes gauloises de licence, de malice et de gaiete, qui
firent de lui, selon le mot de Chaulieu, un successeur de Villon,
quoiqu'a dire vrai Voltaire n'eut peut-etre jamais lu Villon, et que,
pour un convive du Temple, il parlat trop lestement de La Fontaine...

FIN DU TOME PREMIER.



TABLE DES MATIERES
DU PREMIER VOLUME.



Preface.
Boileau.
La Fontaine de Boileau, epitre.
Pierre Corneille.
La Fontaine,
Racine.
La reprise de _Berenice_.
Jean-Baptiste Rousseau.
Le Brun.
Mathurin Regnier et Andre Chenier.
Documents inedits sur Andre Chenier.
George Farcy.
Diderot.
L'abbe Prevost.
M. Andrieux.
M. Jouffroy.
M. Ampere.
Du Genie critique et de Bayle.
La Bruyere.
Millevoye.
Des Soirees litteraires.
Charles Nodier.
Charles Nodier apres les funerailles.
Appendice sur La Fontaine.

FIN DE LA TABLE.






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